Le pape François en 10 images et paroles emblématiques
- Chantal B.
- il y a 2 heures
- 7 min de lecture
Le pape est mort lundi 21 avril 2025, à l'âge de 88 ans. En 12 ans de pontificat, Jorge Mario Bergoglio aura secoué autant les conventions que les consciences, suscitant une forte curiosité et attention autour du monde. Certains de ses gestes et paroles resteront longtemps dans les mémoires.
Paru sur le site : https://www.lavie.fr/christianisme/le-pape-francois-en-10-images-et-paroles-emblematiques-98232.php

• VANDEVILLE ERIC/ABACA
13 mars 2013 : à Rome, « priez pour moi »
La foule de la place Saint-Pierre exulte lorsque paraît le nouvel évêque de Rome, tout juste élu par les cardinaux réunis en conclave. Et soudain, le voilà qui s’incline devant la foule, et lui demande de prier avec lui, de prier pour lui. Cette spontanéité, qui sera l’une de ses marques de fabrique, frappe aussitôt le monde et touche au cœur les catholiques de Rome. Mieux : la popularité de ce pape ira bien au-delà de l’Église. Vous avez dit « papa-mania » ?
La phrase :
« Et maintenant, nous commençons ce chemin, évêque et peuple. Ce chemin de l’Église de Rome, celle qui préside à la charité de toutes les Églises. Un chemin de fraternité, d’amour, de confiance entre nous. »

• AP/Sipa
8 juillet 2013 : à Lampedusa, cœur des « périphéries »
Pour son tout premier déplacement comme pape, François choisit la petite île italienne de Lampedusa, située entre la Sicile et la Tunisie. Voyage inaugural, il donne le ton de ce qui sera un grand leitmotiv du pontificat : l’appel constant à l’accueil et à la fraternité, l’interpellation de l’Occident vis-à-vis des peuples du Sud et tous ceux qui quittent leur terre dans l’espoir d’une vie meilleure. C’est aussi la première étape de ce qui constituera, durant 12 ans, un long pèlerinage sur les rives de la Méditerranée, mer reliant trois continents, berceau culturel devenu le cimetière de tant de migrants.
La phrase :
« Nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance de l’autre, cela ne nous regarde pas, ne nous intéresse pas, ce n’est pas notre affaire ! »

• VINCENZO PINTO/AFP
24 mai 2015 : sur terre, où tout est lié
Ce sera LE grand texte du pontificat, celui qui articule les grandes thématiques chères au cœur de François, celui aussi qui fait le pont avec le saint qui lui a donné son nom de pape : François d’Assise. Dès sa sortie, l’encyclique Laudato si’, « sur la sauvegarde de la maison commune », a une résonance mondiale. Lu et cité par des politiques, des scientifiques, des personnalités bien au-delà de la sphère religieuse, le texte sensibilise aussi de nombreux croyants à l’écologie intégrale, sachant relier le « cri de la terre » au « cri des pauvres ». Plus que jamais, François est une grande conscience de l’humanité, à la popularité mondiale.
La phrase :
« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. »

• Jerome Delay/AP/SIPA
30 novembre 2015 : en Centrafrique, au mépris du danger
Les semaines précédant sa visite, une flambée de violence avait embrasé la capitale de Centrafrique morcelée en territoires gardés par des groupes rivaux. C’est pourtant là, malgré le danger, que le pape François a décidé d’ouvrir le Jubilé de la Miséricorde faisant de Bangui la « capitale spirituelle du monde ». Le lendemain, il entre dans le quartier musulman de PK5, une enclave encerclée de milices hostiles, se déchausse et prie en silence dans la mosquée avec l’imam. Un geste si fort que les habitants sortent à sa suite sans être empêchés et se mêlent aux fidèles lors d’une grande célébration au stade de la ville.
La phrase :
« Nous devons donc demeurer unis pour que cesse toute action qui, de part et d’autre, défigure le Visage de Dieu et a finalement pour but de défendre par tous les moyens des intérêts particuliers, au détriment du bien commun. Ensemble, disons non à la haine, non à la vengeance, non à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom d’une religion ou de Dieu. Dieu est paix, Dieu salam. »

• Filippo Monteforte/AP/SIPA
29 juillet 2016 : à Auschwitz, le poids de l’histoire
Un homme en blanc, seul, s’avance sous le tragiquement célèbre portail surmonté des mots « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre »). En marge des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie (Pologne), François effectue une visite silencieuse des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau où 1,1 million de personnes, dont au moins 960 000 juifs, ont été tués durant la Seconde Guerre mondiale. Un moment de prière et de mémoire chargé d’une intense émotion, mais aussi l’occasion, une fois encore, de parler aux consciences, même en silence.
La phrase :
« Combien de douleur ! Combien de cruauté ! Est-il possible que nous, les hommes, créés à la ressemblance de Dieu, nous soyons capables de faire ces choses ? (…) Mais je ne voudrais pas vous attrister, mais je dois dire la vérité : la cruauté n’a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau. »

• Gregorio Borgia/AP/SIPA
28 avril 2017 : en Égypte, la fraternité en partage
Dans un monde où la religion est invoquée pour tuer, la rencontre entre le pape et le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, est un signe pour l’histoire. Plus encore quand, deux ans plus tard, elle débouchera sur la signature commune d’un document sur la fraternité humaine. Dans ce texte en forme de Déclaration universelle, les deux leaders religieux disent que leurs religions ne sauraient être instrumentalisées et réaffirment le droit à la liberté de croyance. Un sillon du dialogue interreligieux que François aura creusé tout au long de son pontificat, comme lors de sa rencontre à Najaf, en 2021, avec le grand ayatollah al-Sistani, figure de l’islam chiite.
La phrase :
« La liberté est un droit de toute personne : chacune jouit de la liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action. Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. »

• YARA NARDI /EPA/MAXPPP
Mars 2020 : dans Rome déserte, pèlerin pour le monde
Il y a cinq ans, le monde entier semble s’arrêter de tourner, terrassé par une pandémie sans précédent. À Rome, comme dans tant de villes de la planète, le confinement est de rigueur, et François marche presque seul dans les rues de la ville. Le 15 mars, en la basilique Sainte-Marie-Majeure ou à l’église Saint-Marcel-en-Corso, il met ses pas dans ceux des papes de l’Antiquité et de la Renaissance implorant la protection de Dieu et la fin des grandes pestes… Deux semaines plus tard, sous la pluie, ce sont les images d’une bénédiction Urbi et Orbi (« à la ville et au monde ») exceptionnelle qui feront le tour du monde.
La phrase :
« Nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. »

• Ron Palmer /SOPA Images/SIPA
Juillet 2022 : au Canada, une Église repentante
Après une rencontre au Vatican en mars 2022, c’est chez eux, au Canada, quelques mois plus tard lors d’un pèlerinage pénitentiel de six jours, que le pape a tenu à redire sa demande de pardon aux Autochtones pour le rôle joué par l’Église catholique dans l’administration des pensionnats du pays entre 1830 et 1996. Un geste fort qui résonne avec d’autres pardons de son pontificat, jusqu’à l’ouverture du dernier acte du synode sur l’avenir de l’Église, en octobre 2024, où François avait posé un acte de repentance pour les péchés de l’Église.
La phrase :
« L’Église est toujours l’Église des pauvres en esprit et des pécheurs qui cherchent le pardon, et pas seulement des justes et des saints, mais des justes et des saints qui se reconnaissent pauvres et pécheurs. »

• Sebastien Nogier/AP/SIPA
23 septembre 2023 : à Marseille, droit au cœur
Concédée presque du bout des lèvres dans une étrange formule : « J’irai à Marseille… mais ce n’est pas un voyage en France », cette visite aura nourri la relation paradoxale entre François et la France. Mais le temps d’une messe au Vélodrome, tout ou presque aura été oublié ! Une rencontre, un « tressaillement » populaire, un véritable envoi en mission. À cette « fille aînée » dont il connaît si bien les grands auteurs, le pasteur de l’Église catholique rappelle sa créativité, sa générosité. Un an plus tard, il goûtera d’ailleurs encore à son accueil à Ajaccio, en Corse.
La phrase :
« Notre vie, la vie de l’Église, la France, l’Europe ont besoin de cela : de la grâce d’un tressaillement, d’un nouveau tressaillement de foi, de charité et d’espérance. »

• Vatican Media/CPP
Octobre 2024 : à Rome, un synode pour l’avenir
Durant 12 ans, la volonté de François de remettre en mouvement l’Église catholique s’est traduite par plusieurs grandes assemblées synodales, qui auront chacune suscité leur lot d’espoirs et de craintes. Après la famille (2014-2015), la jeunesse (2018), l’Amazonie (2019), le processus culminera avec le synode sur la synodalité, ou l’avenir de l’Église (2021-2024). Évolutions majeures : non seulement l’assemblée et les votes ne sont plus réservés aux seuls évêques, mais les travaux quittent le classique amphithéâtre pour se dérouler en petits groupes, sous forme de marguerites dans la vaste salle Paul-VI du Vatican. La forme, c’est aussi du fond…
La phrase :
« Pas une Église assise, mais une Église debout. Pas une Église silencieuse, mais une Église qui entend le cri de l’humanité. Pas une Église aveugle, mais une Église éclairée par le Christ qui apporte aux autres la lumière de l’Évangile. Pas une Église statique, mais une Église missionnaire qui marche avec le Seigneur sur les routes du monde. »
















Commentaires