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Méditation pour le 24e dimanche dans l’année A

Briser la spirale de la violence ?


La recherche de la paix sur notre planète se décline, en simplifiant, en 2 logiques :


  • La 1e est celle de la dissuasion : on développe son arsenal, pour faire comprendre à celui qui nous menace que l’on est capable de représailles – la dissuasion nucléaire en étant comme l’application la plus forte ;

  • La 2e est celle de la non-violence : on refuse de répondre par la violence à la violence, pour briser la spirale de la haine, on cherche à montrer le mal subi et on tend la main, en vue de construire la réconciliation.

La dissuasion, la menace de représailles et de vengeance, ne font qu’entretenir la logique de la haine, et nous obligent à devenir violents à notre tour. Mais la réponse non-violente n’est pas plus apte à installer définitivement la paix, tant la méchanceté est parfois imperméable à toute main tendue.


L’évangile nous propose d’aller un pas plus loin, et de découvrir la puissance du pardon.


« Combien de fois dois-je pardonner ? », demande Pierre, « jusqu’à 7 fois ? » – «Jusqu’à 70 fois 7 fois », répond Jésus. Pourquoi une telle surenchère ? Parce que l’escalade de la haine ne peut être contrée que par la croissance exponentielle du pardon.


A l’inexorable montée de la violence, on ne peut qu’opposer la démesure du pardon. C’est l’expérience du Golgotha. « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », dit Jésus sur la croix (Luc 23,34). Jésus subit la violence absolue de ceux qui l’ont battu, moqué, humilié, et qui maintenant le font mourir dans d’atroces souffrances. Mais il sait que le seul moyen pour contrer cette violence est le pardon. Jusqu’à 70 fois 7 fois. Un pardon aussi grand que le coeur de Dieu. Un pardon promesse de vie.


Olivier Fröhlich


Image : Fresque d’une école de Ciudad Juarez (Mexique) -© STRINGER Mexico / Reuters

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.’ Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : ‘Rembourse ta dette !’ Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’ Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : ‘Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur. »

 


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