Méditation : Fête du Saint Sacrement
- Chantal B.
- 8 juin
- 2 min de lecture
Eucharistie, madeleine de Proust ?
La célébration de l’eucharistie semble parfois figée dans des rites qui ne nous parlent plus, au point que beaucoup l’ont délaissée, ou que certains se nourrissent essentiellement de l’homélie (pour autant qu’elle soit de qualité).
Elle est la mémoire vivante du Christ, corps brisé par la souffrance, tel le pain rompu, sang versé de celui qui donne sa vie.
Elle devrait tout autant être mémoire des moments significatifs de nos existences.
Rappelez-vous la madeleine de Proust, celle que lui offrait sa tante Léonie chaque dimanche, telle qu’il l’évoque ‘Du côté de chez Swann’ : « Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. (...) seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore
longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

A chaque fois que je communie, je me souviens... de telle célébration lors d’un camp scout ou guide, de ces funérailles d’un jeune mort tragiquement, de ma toute 1e messe au lendemain de mon ordination – où j’ai un peu cafouillé dans le missel ! – de la célébration avec des amis dans la crypte de St Pierre à Rome au plus près de la tombe de l’Apôtre...
Chaque eucharistie éveille en moi tant de souvenirs qui ont nourri ma vie et ma foi. Elle est mémorial du Seigneur, mais aussi mémoire vivante de ce qui m’a façonné et fasciné.
Le pain eucharistique est comme la madeleine de Proust : il nous fait goûter la bonté de Dieu et la saveur de nos vies.
Olivier Fröhlich
Lecture du livre du Deutéronome (Dt 8,2-3.14b-16a)
Moïse disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le coeur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. »
Lectures : https://aelf.org/2026-06-07/romain/messe
















Commentaires